09 octobre 2009
Eternelle arme de guerre
Des photos de Guinéennes maltraitées lundi circulent sur le Net
Des images qui circulent sur le Net montrent des Guinéennes déshabillées et humiliées en pleine rue, lors de la répression de la manifestation organisée lundi par l'opposition au stade de Conakry. L'un de nos contacts affirme avoir assisté à la scène qui figure sur cette photo.
Plusieurs photos de femmes mises nues et humiliées par des militaires ont été postées sur le forum "Guinée News", le 30 septembre, et envoyées aux Observateurs de FRANCE 24. Nous ne publions que l'un de ces clichés, après avoir flouté le visage de la victime.
Le haut commissaire des Nations unies en charge des Droits de l'Homme, Navi Pillay, a réclamé une enquête sur les exactions commises par l'armée. Elle exige également que "les auteurs d'exécutions sommaires, de viols et d'autres violations des droits de l'Homme soient traduits en justice".
Lamine Camara (pseudonyme) est journaliste pour une radio guinéenne. Il affirme avoir assisté à cette scène.
"Ce n'est pas ma sœur. J'en fais ce que je veux !"
Nankouma, journaliste, était lui aussi présent à la manifestation. Il n'a pas vu la personne photographiée ci-dessus, mais a été témoin de violences contre d'autres femmes.
Camara est passé devant une jeune fille. Il l'a présentée à Blaise Compaoré comme quelqu'un qui se serait blessée dans la bousculade"
Je me suis rendu lundi à l'hôpital de Donka, là où sont soignées les victimes des violences. Dadis Camara [le Président guinéen autoproclamé] était là, il faisait visiter les lieux à Blaise Compaoré [le président burkinabé, médiateur dans la crise guinéenne]. Camara est passé devant une jeune fille. Il l'a présentée à son homologue comme quelqu'un qui se serait blessé dans la bousculade. Puis ils sont partis et la fille s'est mise à pleurer. Je suis allé la voir et elle m'a expliqué pourquoi elle était bouleversée. Elle m'a dit qu'elle s'était fait tabasser et violer par des policiers et que c'est pour cette raison qu'elle était à l'hôpital. Elle a été profondément blessée d'être présentée comme une victime accidentelle de la bousculade.
Le même jour, j'ai parlé à un ami, Cisse, qui m'a raconté avoir été 'sauvé' par un viol. A la sortie du stade, il a été arrêté par un policier. Il a donné son téléphone portable et son argent, mais l'agent de police continuait de le menacer avec son fusil. Ce dernier avait également arrêté une jeune fille, qu'il avait déjà à moitié déshabillée. Lorsque la fille a vu que le policier détournait son attention, elle a tenté de s'enfuir. C'est ce qui a sauvé Cisse. Car l'agent a couru après elle. Il l'a rattrapée et l'a violée, laissant à mon ami la possibilité de s'enfuir.
06:00 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : guerre, femme, horreur |
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Commentaires
C'est toujours la même histoire, dramatique et barbare ! C'est à désespérer du genre humain !
Écrit par : Souliko | 09 octobre 2009
Répondre à ce commentaireL'Homme est un loup pour l'homme.
Écrit par : Pascale | 09 octobre 2009
Effroyable !
Écrit par : Dr WO | 09 octobre 2009
Répondre à ce commentaireCela l'est encore davantage dans l'indifférence générale ...
Écrit par : Pascale | 09 octobre 2009
bonsoir Pascale
C'est vrai les scènes de guerre, de dictature, les violences engendrées par des fauves sanguinaires, me révoltent au plus haut point. c'est à croire que l'homme cesse d'être un humanoïde dés qu'il à un fusil dans les mains.
Écrit par : Jean-georges | 11 octobre 2009
Répondre à ce commentaireJ'en ai marre que l'on se serve des femmes pour assouvir ses fantasmes les plus vils. Depuis la nuit des temps, la femme est victime de violences, d'humiliations et de mutilations pendant les conflits. Assez !
Écrit par : Pascale | 12 octobre 2009
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