01 novembre 2009
Marasme écologique pour l'Etat
Algues vertes : l’Etat responsable ?
La cour administrative d’appel de Nantes examine mardi le dossier opposant l’Etat à des associations écologistes à propos de la prolifération des algues vertes en Bretagne. L’Etat a été condamné en première instance. Ce n’est pas la première fois que l’Etat est critiqué par la justice. Petit retour historique.
Cela fait plus de trente ans que l’état français patauge dans les algues vertes. Plus de trente ans qu’il ferme les yeux sur la spécialisation de la Bretagne dans l’élevage hors sol. Et pourtant la justice l’a déjà épinglé pour ne pas avoir assumé son devoir de vigilance, de contrôle et de sanction. En 1995, la Lyonnaise des Eaux est condamnée à rembourser les bouteilles d’eau minérales achetées par des habitants de Guingamp. En cause, la teneur en nitrate supérieure aux 50 milligrammes par litre, c’est la norme à ne pas dépasser. La Lyonnaise décide de ne pas faire appel de la décision, elle rembourse les plaignants. Mais elle se retourne contre l’Etat français, coupable selon elle d’avoir autorisé la multiplication des élevages de porcs et de volailles. En 2001, l’Etat est condamné pour manquement à l’intérêt général. Les mots du commissaire du gouvernement sont sans équivoque : l’Etat a laissé les élevages s’implanter le long des cours d’eau, les études d’impacts sont bâclées, l’Etat ne contrôle pas les plans d’épandage destinés à évacuer le lisier sur les terres. Les sols sont saturés. Les pluies emportent tout dans les cours d’eau puis dans la mer. Bref, l’Etat a laissé faire. Ce n’est pas tout à fait juste. Il y a bien eu des plans de mise aux normes des bâtiments d’élevage. Des aides financières. Mais la situation économique des éleveurs a toujours prévalu sur la santé écologique des cours d’eau et du milieu marin. La France a été épinglée par l’Europe, par sa propre justice nationale... en vain. Les compagnies de distribution de l’eau sont capables de fabriquer de l’eau potable avec des ressources saturées en nitrates. IL suffit d’y mettre le prix. UN prix que les consommateurs ne sont pas forcément prêts à payer... mais le milieu naturel lui a dépassé le seuil de l’indigestion.
Nathalie Fontrel pour www.france-info.com
14:37 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
| Tags : environnement, politique, agriculture, pollution |
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Commentaires
Le fondement de la chose, c'est qu'on s'est aperçu que les porcs survivaient en hors-sol, se reproduisaient quand même et donc coûtaient moins cher à élever que d'autres animaux. Ce qui a amené l'industrie et la distribution à habituer les consommateurs à se voir offrir de la viande de porc à un prix inférieur à celui de la viande de bovins. Tout cela à condition bien sûr de ne pas tenir compte (c'est à dire de ne pas chiffrer) de l'impact environnemental. Ce pourrait être considéré comme de la concurrence déloyale vis-à-vis des autres éleveurs.
En plus il a été institué une "tolérance" sur le nombre maximum de porcs par surface d'élevage, tolérance souvent dépassée (ça manifeste violemment les éleveurs). En Bretagne on a une réserve d'électeurs, l'industrie vote aussi et la grande distribution itou. Sans oublier la FNSEA. Et tout ce monde du même côté. Imposer de vraies stations d'épuration à la sortie des élevages serait une des solutions. L'autre serait de réduire pour le bien de la collectivité (et des porcs eux-mêmes!) le nombre d'animaux élevés et de faire payer le juste prix à la distribution et aux consommateurs.
Écrit par : Pangloss | 01 novembre 2009
Répondre à ce commentaireA force de manquer de courage politique, voilà où nous en sommes ! Le Préfet du Finistère vient d'ouvrir le parapluie et nul doute que si l'Etat n'agit pas rapidement, plus aucune solution ne pourra être trouvée pour remédier au pb. Je pense que des stations d'épuration ET une réduction de l'intensité de l'élevage doivent être imposées aux agriculteurs qui sont responsables de cette pollution.
Nos agriculteurs bretons respectueux de l'environnement ? Et bien, qu'ils le démontrent !
Écrit par : Pascale | 01 novembre 2009
Je confirme, l'eau est très chère en Bretagne !
Écrit par : Souliko | 01 novembre 2009
Répondre à ce commentaireL'or bleu. Prenons-en soin !
PS : en parlant d'eau... Journée pluvieuse ?
Bises
Écrit par : Pascale | 01 novembre 2009
Ce matin oui, cet après-midi non ! J'essaie de mettre une photo sur OB, impossible ! Peut-être plus tard...Bises.
Écrit par : Souliko | 01 novembre 2009
Répondre à ce commentaireOB ne fonctionne pas correctement depuis plusieurs mois. La faute à TF1 qui lui aurait coupé les vivres ?
Écrit par : Pascale | 01 novembre 2009
Bonjour Pascale,
plutôt que de donner des milliards de façon dispendieuse il serait tellement plus simple de permettre aux éleveurs de s'équiper à moindre coût de technologie existante pour le traitement des lisiers. Mais voila les priorité sont ailleurs et quand on aura tout détruit dans notre environnement que ferons-nous exactement ?
Nous voyons déjà les effets désastreux des nitrates en Bretagne, qu'attend donc le gouvernement pour enfin gouverner...? Que font les écolos, que fait Borloo ? rien c'est tellement plus simple d'attendre. On n'est pas réellement prêt dans notre pays à émettre l'idée d'une économie verte...et respectueuse de l'environnement. Pourtant il s'agit d'un défit qui est une réelle opportunité, mais peut-être que le coq gaulois préfère rester les pieds dans le merde après tout...
Bisous Pascale.
Écrit par : Christian | 02 novembre 2009
Répondre à ce commentaireLes mentalités ne semblent pas prêtes et la trésorerie des petits agriculteurs ne leur permettent pas de tels investissements. Incitation fiscale ? Allègement des charges ? Des solutions pourraient pourtant être trouvées à moyen terme pour prendre un autre cap : celui de la préservation de notre environnement. Mais non ! Nous sommes dans une politique de profit. Plus on s'en met dans les poches, mieux c'est ! Et après nous le déluge !
Écrit par : Pascale | 02 novembre 2009
Je ne sais pas si les discussions que nous tenons sur le sujet peuvent servir à grand chose...
tout le monde s'énerve sur le sujet .. et les agriculteurs bretons sont mis sur la sellette... les pauvres... pendant que l'on parle d'eux on ne parle pas des autres...
ils sont en bout de chaîne donc forcément responsables...
qui va chercher plus loin quand il ne vit pas de la terre et quand ses revenus ne sont pas tirés des produits agricoles...
Le problème vient de plus haut, non seulement du gouvernement mais de tous ceux qui le représente dans les communes rurales et ailleurs... alors que dire ???
Écrit par : jeffanne | 03 novembre 2009
Répondre à ce commentaireBonsoir Jeffane,
L'Etat vient de renoncer à faire appel. Voilà un bon point pour nos représentants qui, pour une fois, accèptent d'endosser leur responsabilité dans cet effroyable dossier. Mais la pollution demeure aussi faut-il trouver des solutions pour l'avenir. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin !
Bises
Écrit par : Pascale | 03 novembre 2009
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