04 février 2010
Sondage TNS Sofres-Le Monde
La gauche part favorite dans la campagne des élections régionales
La gauche sortirait largement victorieuse des élections régionales des 14 et 21 mars, selon un sondage TNS-Sofres/logica réalisé pour Le Monde, France2, France 3 et France Inter, les 1er et 2 février, sur un échantillon représentatif de 1000 personnes selon la méthode des quotas.
A six semaines de l'échéance, les listes UMP-NouveauCentre-CPNT-MPF sont créditées, au premier tour, de 30% des intentions de vote, celles du Parti socialiste de 28 %. Toutefois, l'addition des intentions de vote à gauche l'emporte largement sur celle de droite. Avec 13 % pour Europe Ecologie, qui se maintiendrait un peu en dessous des 16,3 % recueillis aux européennes 2009 , 6% pour le Front de gauche , 3,5% pour le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et 3 % pour Lutte Ouvrière, le total gauche atteint 53,5 %.
A droite, l'addition des intentions de vote UMP, Front national (8,5 %) et divers droite (1 %) plafonne à 39,5 %. Le FN reculerait d'un point par rapport à son score des européennes de juin 2009 et de plus de 6 points par rapport à celui des élections régionales de 2004 où il avait pu, au deuxième tour, imposer des triangulaires dans 17 régions.
Quant au MoDem de François Bayrou (18,5 % à la présidentielle de 2007), pénalisé par son faible ancrage dans les régions, il perdrait la moitié des voix gagnées lors du scrutin de juin 2009 (4 % au lieu de 8,4 %). Les électeurs ayant donné leur voix au MoDem aux européennes ne sont que 42% à déclarer aujourd'hui vouloir voter pour ce parti, 15 % se déportant sur le PS et 20% sur l'UMP.
Les cartes seraient également rebattues dans le camp des écologistes: seulement 44 % des électeurs qui ont voté en juin pour Europe écologie se disent décidés à rester dans ce couloir le 14 mars : 30 % d'entre-eux sont prêts à donner, cette fois, leur voix au PS. A l'inverse, l'électorat du PS aux européennes apparait comme le plus stable (82 % de report), devant l'UMP (76 %) et l'électorat de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007 (71 %).
ECOLOGISTES FLOTTANTS
"Ce vote en faveur de la gauche est d'un niveau exceptionnellement élevé, analyse Carine Marcé, directrice associée du département stratégie d'opinions de TNS- Sofres. Et 59% des personnes interrogées se déclarent déja sûres de leur choix, "ce qui, assure Mme Marcé, est plutôt un bon score pour une élection qui intéresse peu les Français". Traditionnellement les élections régionales n'intéressent guère les Français. Particulièrement lorsqu'ils sont jeunes, de sexe féminin, plutôt à gauche et faiblement qualifiés.
Ce clivage, déja observé lors des régionales de 2004, s'accentue encore cette fois. Ce désintérêt (55% en moyenne) atteint 76% chez les 18-34 ans et 61% chez les 35-49 ans. Il est aussi très important (68%) chez les électeurs potentiels d' Europe écologie.
L'électorat écologiste apparait ainsi assez fluctuant voire flottant: peu intéressé par ce scrutin et hésitant à rester fidèle à son vote de juin 2009. Comment l'enjeu de ce vote est-il perçu par les Français et quelle grille de lecture – locale ou nationale – ces derniers vont-ils choisir pour faire leur choix? Globalement l'enjeu local prime ( 52%), particulièrement chez les électeurs des deux principaux partis, le PS ( 58%) et l'UMP (52%)
Hors ces deux partis, les personnes interrogées ont davantage l'intention, pour se déterminer, de tenir compte de la situation du pays. C'est le cas notamment de 62% des électeurs potentiels du Front de Gauche, de 63% de ceux du FN et de 55% de ceux du MoDem. Les "bilans" des conseils régionaux sont néammoins jugés favorablement par 69% des personnes interrogées. Y compris au sein de l'UMP (70%) alors que les équipes sortantes sont presque toutes (20 sur 22) à majorité de gauche.
De la même façon, 48% des sondés n'ont pas l'intention d'exprimer un "vote sanction" à l'égard du gouvernement actuel et de l'action de Nicolas Sarkozy . "Cela signifie, conclut Carine Marcé, que le scrutin régional est, dans l'esprit des Français, relativement dégagé des contingences politiques. Qu'il renvoie au bilan d'une institution plus qu'à celui des équipes en place".
13:05 Publié dans Régionales 2010 | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : régionales 2010, ump, ps, modem, europe ecologie |
|
del.icio.us
|





Commentaires
bonjour Pascale..
intéressant tout ça...mais qu'y a t'il de changé?
20 région sont a gauche aujourd'hui...et demain 22?
et alors le paysage politique en sera t'il changé pour autant....?
En fin de compte les électeurs es régions cotent pour les élus qu'ils connaissent...et cela depuis toujours..
regarde chez moi..la région est de gauche depuis belle lurette..et tu crois que cette région se porte mieux?
(Renault tu....connais..)
c'est dommage pour le MoDem si les chiffres de ce sondage s'avère exact...j'aimais bien ce parti comme alternative, mais l'égo de Bayrou ést pénaliqnt pour ce parti..
mais bon on verra bien on en est pas encore là!!
bises
Écrit par : geo | 04 février 2010
Répondre à ce commentaireDe changé ? Voyons... Moui, pas grand chose.
Mais ces quelques (et humbles)réflexions :
- les Français restent attachés à leur Conseil régional. Ils le connaissent peu mais l'institution fait partie du paysage.
- ils estiment que leurs Conseillers régionaux ont plutôt bien travaillé (même s'ils ne savent pas vraiment en quoi consiste leur travail !)
- l'électorat reste versatile. Les partis (surtout le MoDem) ont du mal à fixer une partie de ces électeurs qui votent un coup au centre, puis à gauche pour finalement s'abstenir. L'électorat de droite est davantage fidèle à l'UMP
- les élections régionales demeurent un scrutin local. Celui qui nationaliste la campagne commet une erreur.
Écrit par : Pascale | 04 février 2010
Corinne Lepage: "l'effondrement du Modem est dû à une stratégie désastreuse".
J'ajouterai en lisant sur ce que vous dites sur le faible ancrage dans les régions, "et à un refus d'admettre ses erreurs d'analyse".
Écrit par : Pangloss | 04 février 2010
Répondre à ce commentaireEvidemment qu'il y a des erreurs d'analyse ! Mais lorsque vous le dites, on refuse ne vous écouter.......
Corinne Lepage et le MoDem ? La rupture est acquise et le divorce sera probablement prononcé au lendemain du second tour. Dans certaines régions, CAP 21 a fait alliance avec E.E. Ses candidats passeront ; et ceux du MoDem ? Et le serpent de se mordre la queue : pas d'élus, pas d'ancrage dans la région !
Tout de même, j'espère que nos listes feront mieux que 4% . Parce que sinon, quelle humiliation !
Écrit par : Pascale | 04 février 2010
Compliqué tout ça. La plupart des Français sont au centre, mais en matière de parti comme en géométrie, le centre n'est qu'un point.
Dr WO
Écrit par : Dr WO | 04 février 2010
Répondre à ce commentaireBeaucoup veulent d'une bipolarisation de la politique. Qu'il puisse y avoir une "3° voie" les gêne. Mais l'idée commence à faire son chemin. Déjà, les lignes ont bougé. Il appartiendra au MoDem de rester suffisamment fort pour empêcher des partis comme Europe Ecologie de s'engouffrer dans la brêche.
Écrit par : Pascale | 04 février 2010
On peut prendre le problème par les deux bouts: passer du local au départemental puis au régional: la pyramide de notables (genre partis radicaux), clientélisme et efficacité. C'est solide, difficilement déboulonnable (voir Frèche) mais le national sans projet global est inaccessible.
On peut redescendre du national au régional etc avec non seulement un projet mais une idéologie et un leader charismatique. Heu ...
Écrit par : Pangloss | 04 février 2010
Répondre à ce commentaireDans les deux cas, il faut un parti stucturé. Avec des fédérations et antennes locales. Mais aussi des élus pour porter le projet et faire le relais entre le national et les électeurs. Heu...
Écrit par : Pascale | 04 février 2010
Écrire un commentaire