06 mars 2010

L'île Noire

blasée.gifUn "continent" de déchets plastiques a été découvert dans l'Atlantique nord

Des bouchons de bouteille, des cartouches vides, des morceaux de cagettes, des filets, et une myriade de minuscules fragments de plastique : telle est la moisson récoltée dans l'océan Atlantique nord par les scientifiques de la Sea Education Association (SEA). Les océanographes employés par cette organisation non gouvernementale américaine, spécialisée dans la formation des étudiants, ont dévoilé, fin février, lors d'un congrès à Portland (Oregon), l'existence d'un vaste "continent" de déchets plastiques dans l'Atlantique, comparable au "Great Eastern Pacific Garbage Patch" - la "poubelle de l'est du Pacifique" - découvert en 1997.

L'accumulation de déchets, comme dans le Pacifique, occuperait une surface équivalant à la taille du Texas. Elle se situe à plus de 500 milles nautiques (926 km) des côtes, et son centre se trouve à la latitude d'Atlanta. Les déchets aboutissent à cet endroit car il s'agit d'une zone de hautes pressions, où les vents sont faibles et où les courants s'enroulent dans le sens des aiguilles d'une montre : c'est ce qu'on appelle une gyre. "Les courants y aboutissent, et les objets qu'ils charrient ne s'en échappent jamais", explique Giora Proskurowski, océanographe à la SEA, principal auteur des recherches.

Les déchets collectés sont rarement entiers. La majorité d'entre eux, fragmentés par le séjour dans l'eau, mesurent moins de un centimètre et pèsent moins de 15 grammes. "L'image du "continent" est excellente pour sensibiliser le grand public, mais ne rend pas bien compte de la réalité, explique M. Proskurowski. Il s'agit d'une multitude de fragments, difficiles à voir de loin. Mais quand on puise dans l'eau, on remonte une quantité impressionnante de plastique."

La SEA a effectué 6 100 prélèvements depuis 1986, lors de campagnes annuelles en mer où des étudiants sont embarqués. Au total, 64 000 fragments ont été collectés.

La densité moyenne de plastique dans la zone explorée est de 200 000 fragments par kilomètre carré (contre 300 000 dans la gyre du Pacifique). La plupart du temps, il s'agit de plastiques courants (polyéthylène, polypropylène, mousse polystyrène).

Les débris sont présents jusqu'à au moins 10 mètres de profondeur. Ils proviennent des navires et des continents riverains de l'Atlantique, transportés par le vent et les fleuves vers la mer. D'autres types de plastiques, plus denses, pourraient se trouver au fond de l'océan.

Les principales victimes de cette pollution sont les animaux marins. Les mammifères, tortues ou oiseaux peuvent être piégés par les sacs et les filets, ou avaler des fragments qui obstruent leur système digestif. Ces effets néfastes ont été démontrés sur 260 espèces. De plus, les débris fonctionnent comme des éponges, qui accumulent les polluants organiques persistants. Ils sont ingérés par la faune marine, et pourraient, par ce biais, être véhiculés jusqu'à l'homme.

Il n'est pas possible de nettoyer l'océan. "Autant essayer de passer le Sahara au tamis", ironise Charles Moore, le navigateur et chercheur qui a découvert l'accumulation de déchets dans la gyre du Pacifique. Et le plastique est très résistant. Aucun micro-organisme n'est capable de le dégrader complètement. Même transformé en poudre, tout le plastique produit depuis que l'homme le fabrique est présent dans l'environnement.

Selon les chercheurs, la seule solution pour réduire sa présence dans l'océan est donc de ne pas le jeter dans l'environnement, et d'opter pour des matériaux alternatifs biodégradables.

Les scientifiques de la SEA tenteront cet été de déterminer la limite orientale de la "poubelle" de l'Atlantique. "Plus nous accumulons de données sur cette pollution, plus la prise de conscience sera importante", affirme M. Proskurowski. En plus de celles de l'Atlantique et du Pacifique, trois autres gyres sont susceptibles de contenir des quantités comparables de déchets : dans l'Atlantique et le Pacifique sud, et dans l'océan Indien.

Gaëlle Dupont

20:35 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : écologie, environnement, nature, protection, pollution | |  del.icio.us |

Commentaires

bonsoir pascale..
ben oui!!!6 milliards d'individus ça pollue...
qu'on le veuille ou non...
et ce n'est pas fini!!
Il est nécessaire d'aller les ramasser..
avec deux millions de chômeurs ont peut faire l'affaire..et bien sur comme d'habitude on lève une taxe pour leur salaire qui n'ira pas dans leur poche....
bises

Écrit par : geo | 06 mars 2010

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Ce qui m'a choquée dans cette histoire, c'est qu'on n'a même pas cherché à connaître l'origine de cette pollution ! On nous avance de vagues (lol) suggesstions (Etats-Unis ? paquebots des mers ?) mais on ne cherche pas VRAIMENT à aller au fond (re-lol) des choses.

Écrit par : Pascale | 07 mars 2010

coucou amie!!
c'est vrai Pascale..
Mais a quoi servirait il de savoir...
D'autant qu'il est fort possible que cette pollution soit globale...le tout relayé pas les divers courant marin..
un peu comme la mer des sargasses, où se rassemblent des millions de tonnes d'algues transportées par les courant principaux Gulf Stream et secondaires...
En France cette culture du coupable engendre une inertie de la décision et surtout de l'action...
bises
ça caille/..-4° au lever du jour et là 1°.......brrrrrr!!

Écrit par : geo | 07 mars 2010

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Dans nos villes, quand on veut savoir d'où provient un tas de détritus on va dedans et on mène l'enquête (lecture des papiers, y a-t-il des factures ? etc). Il y a forcément des pistes à remonter dans les ordures qu'on a trouvées dans l'Atlantique. Pourquoi rester les bras croisés ? Cela me scandalise !
PS : "culture du coupable" en France ????

Écrit par : Pascale | 07 mars 2010

Ce n'est pas nouveau et tout le monde sait que les détritus du type sacs plastiques, bouteilles plastiques......enfin tout ce qui contient du plastique, sont indestructible. La mer arrive à digérer les hydrocarbures mais pas le plastique.
Alors qu'attendons nous, depuis le temps pour éduquer les marins, plaisanciers, et autres.
Bonne journée
Bizzzzzzzzzz très froide et ventée
ZAZA

Écrit par : ZAZA | 07 mars 2010

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Qu'attendons-nous pour SANCTIONNER les pollueurs ?

Écrit par : Pascale | 07 mars 2010

Il a raison, geo! Quand on est dans la merde jusqu'au cou, ce n'est pas grave tant que le nez dépasse. Il suffit de ne pas respirer.

Écrit par : Pangloss | 07 mars 2010

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Et bien moi, j'ai envie de RESPIRER ! Et de l'air pur tant qu'à faire !

Écrit par : Pascale | 07 mars 2010

Le tout c'est de trouver des bactéries capables de bouffer le plastique, car pour ce qui concerne l'éducation...
Dr WO

Écrit par : Dr WO | 07 mars 2010

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Et de sanctionner les pollueurs... Je persiste et signe !

Écrit par : Pascale | 07 mars 2010

j'ai pas dit ça pangloss...mais bon..
culture de coupable...exemple..
les inondations récentes...causes les digues ont cédé....recherche qui a autorisé les constructions en zone basse inondable...
qui a proposer des solution pour la reconstruction de digue..personne....ah si..sarko...mais lui c'est personne....
conclusion on va perdre du temps pour trouver le coupable...(si l'on trouve)..les années passeront et a la prochaine manifestation de éléments...rebelote...
et la on dira qu'a t'on fait..
moi je préconise ..
on étudie..vite le moyen de.....
on trouve les financement ..vite
et on reconstruit en mieux..
(ce n'est pas le potentiel coupable qui résoudra le prob)
voila ce que j'entends pas la culture du coupable...
si bien que chaque initiateur de travaux potentiel ne fera rien au cas ou...accident, ..etc
tu vois ce que je veux dire?
LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION...en ne fait plus rien...
bises...
ça caille toujours
bises

Écrit par : geo | 07 mars 2010

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"Vite" ? Ce mot n'a été utilisé qu'une fois : lorsque les banques ont été menacées de faillite.
Ici aussi, ça caille dur (-3°C) et en plus, j'ai pris froid...

Écrit par : Pascale | 07 mars 2010

@geo: C'était juste histoire de rigoler et de souliger la résignation ou l'aveuglement de certains qui préfèrent nier la réalité que s'attaquer au problème: la complicité des autorités avec les pollueurs de tous bords. Sanctionner les pollueurs? C'est une solution. Mais pas les entreprises: LEURS dirigeants! Au trou, sans sursis et pas dans une prison VIP.
Que les victimes de pollution aillent manifester et vigoureusement devant les sièges sociaux! Qu'ils exigent des sanctions. Qu'ils mettent en cause les élus. Assez des "groupes d'études", des "comités", des "structures de réflexion". Sarko hésiterait à promettre des assouplissements des contraintes environnementales!
Un peu de colère, que diable!

Écrit par : Pangloss | 07 mars 2010

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Hum ! Le pays est sous anesthésie générale... Chacun regarde son nombril en priant pour que le malheur s'abatte sur la maison du voisin !

Écrit par : Pascale | 07 mars 2010

""priant pour que le malheur s'abatte sur la maison du voisin !""
ben un peu mon n'veu!!
y m'emmerde assez ce voisin!!

"""Ici aussi, ça caille dur (-3°C) et en plus, j'ai pris froid..."""
que c'est beau le sacerdoce politique....
bises

Écrit par : geo | 07 mars 2010

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T'as intérêt à voter pour moi... Atchoum !
lol
bises gelées !

Écrit par : Pascale | 07 mars 2010

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