04 mars 2010
Méthode Coué
Nicolas Sarkozy veut enrayer le déclin de l'industrie française
Mais le chef de l'État ne désespère pas d'apporter ses remèdes pour enrayer ce déclin. Il ambitionne d'augmenter la production du secteur secondaire de 25 % en volume d'ici 2015, selon un document de l'Élysée. Le gouvernement souhaite "revenir à une balance commerciale industrielle excédentaire d'ici 2015" (hors secteur énergie), affirme la présidence, soulignant que cette balance a plongé dans le rouge en 2007. Sur le plan européen, le gouvernement souhaite enfin "augmenter de 2 % la part de la France dans la valeur ajoutée européenne d'ici 2015". Cette part est actuellement de 13 %, contre plus du double pour l'Allemagne, selon l'Élysée. Voilà pour les objectifs.
Quelques nouveautés
En ce qui concerne les moyens, Nicolas Sarkozy a rappelé que les financements viendraient en grande partie du grand emprunt. En plus des 5,5 milliards d'euros déjà alloués aux entreprises innovantes, aux transports et à l'espace, 500 millions d'euros de prêts bonifiés "verts" seront versés aux entreprises qui investissent pour produire propre, a-t-il confirmé. En outre, 300 millions d'euros financeront "la structuration des filières" industrielles et 200 autres millions une "prime à la relocalisation" des entreprises en France. Une "conférence nationale de l'industrie" sera par ailleurs créée et chargée, en premier lieu, de proposer en septembre des "mesures concrètes d'allègement et de simplification" de la réglementation. Dans son catalogue de mesures, le chef de l'État a annoncé la nomination, avant la fin mars, d'un "médiateur de la sous-traitance", un allègement de la fiscalité des brevets et a exhorté Bruxelles à "prendre des initiatives pour une véritable politique industrielle européenne".
Nicolas Sarkozy veut aussi proposer "d'ici septembre" un nouveau produit d'épargne spécialement destiné à financer l'industrie. La ministre de l'Économie Christine Lagarde "ouvrira ce chantier pour proposer d'ici l'été un nouveau cadre fiscal qui encouragera vraiment l'épargne à s'orienter vers le financement en fonds propres des entreprises", a-t-il détaillé, citant la proposition de la CGT d'un "livret d'épargne industrie". Des concertations auront lieu à ce sujet avec les partenaires sociaux. Il s'agit d'orienter davantage l'épargne vers "les marchés actions", une proportion qui plafonne aujourd'hui à 25 %, selon le chef de l'État.
Mais l'essentiel tient à la place que l'État entend jouer dans la définition de la politique industrielle française. Nicolas Sarkozy souhaite que les administrateurs de l'État "jouent leur rôle" dans les conseils d'administration des entreprises publiques pour mieux suivre leur stratégie industrielle. "Ils ne sont pas là seulement pour les jetons de présence ou pour voir combien on fait de bénéfice à la fin de l'année, mais pour poser une véritable politique industrielle", a-t-il martelé. Selon un document de l'Élysée, l'État va nommer un administrateur supplémentaire, issu du ministère de l'Industrie, dans les entreprises publiques, notamment pour Renault, La Poste et France Télécom.
Renault toujours dans le collimateur
Le chef de l'État veut aussi que "lorsque l'État est actionnaire, les ministres, et notamment le ministre de l'Industrie, puissent avoir deux fois dans l'année une discussion avec les patrons que l'État a nommés sur la stratégie d'investissement".
Une leçon qu'il a certainement tirée du cas de Renault. Sans citer le constructeur automobile directement, Nicolas Sarkozy a dénoncé sa stratégie de localisation : "Je n'accepte pas que le grand groupe privé automobile PSA ait les deux tiers de ses effectifs en France et que l'autre constructeur automobile ait seulement un tiers de ses effectifs en France, alors que l'État en est propriétaire à 15 %." "Qu'on aille créer des usines à l'extérieur, ça me va très bien pour gagner des parts de marché. Mais qu'on aille fabriquer des voitures à l'extérieur pour les ramener en France, ça fait de la pollution par ailleurs, et je ne l'accepte pas. Sinon, pourquoi l'État a-t-il mis 6 milliards d'euros pour aider la filière automobile française à survivre ?", s'est-il interrogé. En janvier, Nicolas Sarkozy avait exigé de Renault qu'il implante la production de sa future Clio 4 à Flins et non en Turquie, comme il l'avait envisagé. Une demande satisfaite seulement en partie puisque la future voiture de la marque au losange sera produite en partie dans l'Hexagone, mais aussi en Turquie...
20:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
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28 février 2010
La phrase du jour
"Je crois que l'année 2010 va être une année de retournement. Nous aurons des destructions d'emploi pendant toute une partie de l'année 2010 mais si la demande adressée à la France par l'extérieur repart et si l'investissement par le secteur privé prend le relais de l'investissement public, on devrait sortir de cette situation-là pendant l'année 2010"
Christine Lagarde sur Europe 1 le 28.02.2010
14:17 Publié dans La phrase du jour | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
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23 février 2010
Question(s) existentielle(s)
Le bras de fer entre Total et les syndicats se poursuit. Pendant que l'entreprise et les salariés discutent âprement, pendant que le gouvernement tente de résoudre ce conflit qui tombe au plus mal (à moins de 20 jours des Régionales !), les stations-service ferment une à une leurs portes. De partage et d'altruisme, il n'y aura point. Comme le décrit le Médiateur de la République, "c'est le chacun pour soi qui l'emporte".
Agressée par une crise économique sans précédent, voilà que la France s'angoisse : et si, demain matin en ouvrant l'oeil, nous apprenions que le pays est en panne sèche ? Qu'il n'y a plus une goutte de pétrole dans ses cuves ? Comment irons-nous travailler ? Comment nous déplacerons-nous ? Comment... SURVIVRONS-NOUS ?
Faudra-t-il instaurer le couvre-feu pour empêcher que certains n'aillent vider en douce les réservoirs de leurs voisins ? Les Français feront-ils la queue devant les boulangeries et les commerces d'alimentation ? Le pôle emploi sera-t-il sécurisé pour éviter les émeutes ?
Car le pétrole se raréfie. Pour en trouver et l'exploiter, Total doit chaque année investir plusieurs millions d'euros. Cet argent, il lui faut le trouver quelque part ; les salariés commencent à comprendre...
Plus de quarante pays ont déjà dépassé leur pic d'exploitation. La moitié du pétrole enfoui a été utilisé pour des activités humaines. Le point de non retour devrait être atteint en ... 2030.
Donc, la pénurie arrivera bientôt, nous en sommes conscients ... n'est-ce pas ?

18:49 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
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20 février 2010
Racines et bon sens paysans
Je viens d'écouter Pierre Priolet sur Canal +.
Vingt minutes de pur bonheur et d'émotion intense. Vingt minutes consacrées au bon sens paysan et à nos racines.
A 58 ans, Pierre Priolet est exploitant agricole dans le Vaucluse. Pierre Priolet cultive des fruits (poires et pommes) qu'il vend à des distributeurs en essayant d'en dégager un bénéfice.
Depuis plus de dix ans, Pierre Priolet vend ses fruits à perte. Le kilo de poires lui est payé 17 cts d'euro par la centrale d'achat qui le revend 34 cts au distributeur. Dans son magasin, ce dernier le facturera 2,80 € au consommateur.
Pierre Priolet a tenté d'en savoir davantage sur ces marges indécentes ; d'obtenir une explication rationnelle. A ses questions, un directeur de grande surface a répondu "Pourquoi veux-tu que je baisse mes prix alors que je peux plumer mes clients de l'entrée du magasin jusqu'à la caisse ? Le consommateur refusera de faire 40km de plus pour trouver le kilo de poires 20 cts moins cher ailleurs !"
Désarmé, Pierre Priolet réfléchit. Encore et encore.
Avec 120 000 € de pertes en 2009 -et la vente forcée d'un bâtiment pour se renflouer- il aurait pu tout abandonner. Laisser tomber.
Non ! Pierre Priolet décide alors de monter un projet. Un projet que les banquiers qualifient de "fou". Oui, chers lecteurs, un projet qui peine à voir le jour parce qu'on ne cesse de lui dire que son idée est dingue !
Quelle est cette idée d'aliéné, vous demandez-vous ?
Les producteurs de fruits et légumes se regrouperaient pour ouvrir des magasins dans lesquels ils vendraient directement leurs produits aux consommateurs. En supprimant les intermédiaires, les agriculteurs percevraient un revenu décent, se rapprocheraient de leurs clients et créeraient de l'emploi de par l'embauche de jeunes ou de séniors pour tenir les magasins.
Vraiment dingue, cette idée, vous ne trouvez pas ?

à revoir à cette adresse : http://www.canalplus.fr/pid3350.html
20:49 Publié dans Agriculture | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note
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16 février 2010
NON à la fermeture de SULLAIR EUROPE !

SOUTENONS-LES !
19:59 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
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01 février 2010
Leur raison d'innover, c'est eux
Le Mardi 2 Février, Didier Lombard annoncera publiquement son retrait de la présidence du Conseil d'administration de France Telecom.
Le nom de son successeur est déjà connu puisqu'il s'agit de Stéphane Richard dont voici le CV :
24 août 1961. Naissance à Caudéran (Gironde)
1983. Diplômé d'HEC.
1987. Diplômé de l'Ena, promotion Fernand Braudel (la même que Frédéric Oudéa, futur P-DG de la Société Générale, et que Nicolas Bazire, le bras droit de Bernard Arnault). Entre à l'inspection des finances.
1991. Conseiller technique au cabinet de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur.
1992. Chargé de mission à la direction financière de la Compagnie générale des eaux (CGE), future Vivendi.
1994. Administrateur et directeur général de la compagnie immobilière Phénix.
1997. Jean-Marie Messier le nomme à la tête de la Compagnie générale d'immobilier et de services (CGIS), pôle immobilier de la CGE, devenue depuis Nexity. Il fera fortune en participant au LBO (rachat par le management grâce à un recours massif à l'endettement) de la société en 2000.
2002. Il devient administrateur de France Télécom, poste qu'il occupera jusqu'en 2007 et son arrivée à Bercy.
2003. Nommé directeur général adjoint de Veolia Environnement (fraîchement séparée de Vivendi) et de Connex, qui deviendra Veolia Transport.
2007. Il entre dans la catégorie des "rétro-pantoufleurs" (les hauts fonctionnaires partis dans le privé puis revenus dans le public) en devenant directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo à Bercy. Il accepte de rester à son poste quand celui-ci en est écarté au bout d'un mois, au profit de Christine Lagarde.
2008. Avec Christine Lagarde, il est aux premières loges pour participer à la gestion de la crise financière, notamment en ce qui concerne les aides aux banques. Son nom commence aussi à circuler pour occuper la tête de nombreuses entreprises, aussi bien publiques (SNCF, RATP, La Poste et surtout EDF, où on le présente comme un possible dauphin puis successeur de Pierre Gadonneix) que privées (Air France, où il est cité pour prendre la direction générale, finalement dévolue à Pierre-Henri Gourgeon ; le pôle mutualiste Caisses d'Epargne/Banques Populaires, finalement attribué à François Pérol ; Veolia, en chute libre en Bourse).
2009.
- Le 6 mai, le site internet des Echos annonce sa future nomination comme directeur général délégué de France Télécom, avec en ligne de mire la succession de Didier Lombard en 2011. Le lendemain, le groupe confirme sa prochaine arrivée.
- Stéphane Richard est nommé, le 5 octobre, directeur général adjoint en charge des opérations France en remplacement de Louis-Pierre Wenes, alors que le groupe est sous le feu des critiques avec la vague de suicides au sein du groupe.
2010. Il est depuis le 1er janvier directeur délégué. Il va devenir directeur général de l'opérateur au 1er mars, Didier Lombard devenant simple président du conseil d'administration.
Stéphane Richard est un proche de Nicolas Sarkozy.
... Circulez, y a rien à voir !

20:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
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18 janvier 2010
Vous r'prendrez bien une p'tite taxe ?
Enseignes : la taxe locale sur la publicité divise les collectivitésÀ l'heure où la taxe professionnelle disparaît, et où la taxe carbone est encore sous les feux de la rampe, une autre taxe, moins médiatique, commence à faire parler d'elle : la TLPE, pour Taxe locale sur la publicité extérieure. Car en matière d'enseignes publicitaires, la loi de modernisation de l'économie est passée par là.
Exit les taxes sur la publicité frappant les affiches, réclames et enseignes lumineuses (TSA), la taxe sur les emplacements publicitaires fixes (TSE) et la taxe sur les véhicules affichant de la publicité. Place donc à la TLPE, qui touche enseignes, supports susceptibles de contenir une publicité, mais aussi les pré-enseignes. Les tarifs s'appliquent par mètres carrés et par an, et sont fixés par les collectivités locales, qui perçoivent la recette. Des collectivités locales très partagées. Si certaines ont sauté le pas, d'autres préfèrent attendre. Car la TLPE, présentée par le gouvernement comme une mesure visant à « réduire les pollutions visuelles », n'en assure pas moins une rentrée d'argent substantielle pour les mairies. Au risque d'irriter les commerçants. Si Firminy, Saint-Étienne, Andrézieux-Bouthéon, Roanne, Riorges (lire par ailleurs) ont mis la TLPE en vigueur, d'autres grandes villes de la Loire ont décidé de s'en passer pour 2010. À Feurs, le maire Jean-Pierre Taîte estime qu'il serait « indécent de faire subir une nouvelle taxe aux entreprises et commerçants, déjà bien secoués par la crise ». Les motivations des édiles réfractaires sont diverses. Outre les considérations déontologiques (ménager les commerces), sont invoqués pêle-mêle l'oubli pur et simple (pour être applicable, la taxe doit faire l'objet d'une délibération avant le 1er juillet 2009, sans quoi elle ne peut être perçue en 2010), une mise en place trop contraignante (les employés municipaux doivent recenser et mesurer les enseignes), et la nécessité de prendre le temps de la réflexion. À Saint-Galmier, les élus souhaitent élaborer une signalétique globale dans la ville incluant les enseignes. De son côté, La Ricamarie envisage de « mener une étude à l'avenir, mais rester sur l'ancien modèle pour 2009 ». Les panneaux publicitaires 4 par 3 sont donc taxés, mais pas le boulanger du coin. Saint-Chamond suit la même démarche. Avec toujours cet objectif de ménager les « petits ». Car même chez les villes favorables à la TLPE, on fait (parfois) preuve de mesure, en pratiquant une politique d'exonération sur les enseignes de moins de 12 m2. Montbrison est ainsi adepte de la TLPE « light », en prévoyant un abattement de 75 % sur les mètres carrés, pour « qu'aucun commerce du centre-ville ne soit imposable, à l'inverse des zones commerciales ». Des enseignes exonérées, le mètre carré à 6,38 euros pour les surfaces comprises entre 12 et 50 m2 : dans ces conditions, le produit attendu par Montbrison est estimé à 1 500 euros. Une misère au regard des 500 000 euros attendus pas la ville de Saint-Étienne, des 136 000 euros annoncés par Roanne, et même des 50 000 euros appelés à gonfler les caisses de Mably. Certains n'hésitent donc pas à se priver de coquettes rentrées pour privilégier le commerce. Mais pour combien de temps ? En effet, la taxe professionnelle disparaissant, on voit mal comment les communes pourront compenser le manque à gagner. Rive-de-Gier, qui se passe de taxe sur la publicité extérieure pour 2010, va étudier prochainement les façons de la mettre en place. Saint-Chamond devrait en faire autant. Même Jean-Pierre Taîte est obligé d'en convenir : « Je m'interdis d'imposer les entreprises pour l'instant. Mais peut-être devrais-je la mettre en place dans les années à venir ».
M. L. (avec nos agences locales) pour Le Progrès - 18.01.2010
le point chez vous
Saint-Étienne : 50 % des enseignes exonérées
La ville exonère les enseignes de moins de 12 m2. Le tarif est de 30 euros le m2 pour une superficie comprise entre 12 et 50 m2. Au delà, le m2 passe à 60 euros. Produit pour la ville : 500 000 euros.
Firminy : une hausse progressive des tarifs
En dessous de moins de 12 m2, l'exonération est assurée. les choses se compliquent ensuite. Augmentant chaque année, le prix du m2 va passer de 12 euros en 2009 à 32,40 euros en 2013 pour une surface comprise entre 12 et 50 m2. Grandes perdantes : les enseignes de plus de 50 m2 (tarif 2009 : 24 euros. 2013 : 64 euros le m2).
Andrézieux : pas d'exonération pour la fourchette 7-12 m2
Le tarif 2010 est de 15 euros. Puis 18,75 euros pour les surfaces comprises entre 12 et 50 m2. Au delà : 26,50 euros.
Roanne : sur le modèle stéphanois
... À une exception près toutefois. Si les tarifs en vigueur reprennent ceux de Saint-Étienne (30 et 60 euros selon la superficie), Roanne ne consent pas à exonérer les enseignes comprises entre 7 et 12 m2. Les propriétaires de ces dernières seront taxés à hauteur de 15 euros le m2. Recette pour la ville (4 par 3 compris) : 136 818 euros.
07:37 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
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15 janvier 2010
Lumière !
Pour endiguer la spéculation, les tarifs de rachat du solaire vont être réduits
Après plusieurs mois d'hésitation, le gouvernement a publié, mercredi 13 janvier, l'arrêté fixant les tarifs de rachat, par EDF, de l'électricité produite par des installations photovoltaïques privées (panneaux sur les toits, centrales au sol). La filière solaire, dont la croissance est spectaculaire depuis 2007, attendait avec impatience et inquiétude de connaître ces tarifs qui conditionnent la rentabilité des installations (Le Monde du 1er janvier 2010) : ils baissent, comme prévu, mais l'arrêté réserve quelques surprises.
Le kilowattheure (kWh) passe de 60 centimes à 58 centimes d'euro. Ce prix, l'un des plus élevés d'Europe, sera réservé à un nombre beaucoup plus restreint d'installations. Seuls en bénéficieront les équipements intégrés dans les toitures de logements neufs ou existants et d'établissements de santé ou d'enseignement bâtis depuis au moins deux ans. Les autres constructions (bureaux, sites industriels ou agricoles, entrepôts...), auront un tarif inférieur : 50 centimes d'euro le kWh s'ils sont anciens, 42 centimes s'ils sont neufs ou incomplètement clos.
"Avalanche de demandes"
Cette baisse de près de 30 % concerne les agriculteurs, les logisticiens et la grande distribution, secteurs qui voyaient là une source supplémentaire de revenus. "On veut tuer la filière, s'insurge un propriétaire d'entrepôts et de supermarchés, qui a quelque 80 projets en cours sur une trentaine de sites. Le gouvernement ne tient pas ses promesses de stabilité des tarifs, qui nous avaient encouragés à investir. Ces nouvelles conditions remettent en cause la moitié de nos projets." Les propriétaires de centrales au sol, plus vastes et puissantes, vendront le kWh 31,4 centimes d'euro (32 centimes auparavant), mais avec une modulation géographique : ces prix sont majorés de 20 % (jusqu'à 37,68 centimes d'euro) dans les régions moins ensoleillées pour y favoriser les projets et éviter leur concentration dans le Sud.
L'arrêté prévoit une baisse de tarif de 10 % par an à partir de 2012. En outre, 80 % du prix restera fixe et seuls 20 % (contre 60 % auparavant) seront indexés sur l'inflation. Mais la mesure la plus controversée est l'annulation pure et simple des projets déposés depuis le 1er novembre 2009 et pas encore autorisés à la date de parution du décret : leurs initiateurs devront renouveler leur demande, mais aux nouvelles conditions.
Le gouvernement explique qu'il a voulu mettre fin à ce qu'il considère comme une spéculation. "Nous avons enregistré, en novembre et décembre 2009, une avalanche de demandes de contrats de rachat, au rythme de 3 000 par jour (20 000 en décembre), pour des projets pas toujours légitimes ; des bâtiments neufs dont l'utilisation future restait floue, qui étaient surdimensionnés au regard de la taille des exploitations, ou des ombrières de parkings de supermarchés et des entrepôts qui semblaient n'avoir d'autre raison d'être que de profiter du super tarif", affirme-t-on au cabinet de Jean-Louis Borloo, ministre de l'énergie et de l'écologie.
Il ne faut pas oublier que cette électricité, achetée au prix fort par EDF, est revendue 10 centimes d'euro le kWh aux abonnés, la différence étant facturée à tous les usagers à travers la "contribution au service public de l'électricité". Selon le ministère, l'ensemble des nouvelles demandes aurait certes permis à la France d'avoir une puissance de 5 400 mégawatts dès 2010, soit avec dix ans d'avance sur le calendrier initial. Mais il aurait nécessité un effort financier de 2,2 milliards d'euros par an pendant vingt ans et entraîné une hausse des factures de 10 %.
"Chez nous, c'est l'incompréhension et la colère au moment où la loi de modernisation de l'agriculture nous incite à diversifier nos sources de revenus", explique Didier Marteau, chargé de la commission environnement de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture. "D'autant que nous avions entendu des propos très rassurants lors d'une réunion au ministère, le 22 décembre. Cela met en difficulté de nombreux agriculteurs." "On n'est pas du tout contents", déclare la FNSEA, premier syndicat agricole, jugeant que c'est notamment "anti-incitatif pour les jeunes".
Arnaud Mine, responsable du solaire au Syndicat des énergies renouvelables (SER), reconnaît qu'il faut "mettre fin aux abus" et que les tarifs proposés sont "acceptables". Mais il dénonce toutes les restrictions et nouveautés sur lesquelles personne n'a été consulté : "Le gouvernement nous assimile à des spéculateurs alors que nous sommes 150 entreprises sérieuses et responsables qui ont créé des emplois."
17:30 Publié dans Conso | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
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14 janvier 2010
Renault, une marque de bonne volonté ?
Nicolas Sarkozy risque de se heurter aux intérêts de Renault
Par Yann Le Guernigou
PARIS (Reuters) - Ayant fait de la lutte contre la désindustrialisation une priorité, Nicolas Sarkozy va logiquement demander à Renault de construire en France la future Clio 4, au risque de se heurter aux intérêts du groupe.
Le président français a promptement réagi aux informations de presse prêtant au constructeur automobile l'intention de le faire construire ce modèle dans son usine turque de Bursa en convoquant son P-DG Carlos Ghosn samedi.
Même si Renault, dont l'Etat français détient encore 15% du capital, a assuré qu'il n'avait pas tranché, le gouvernement s'estime en droit d'exiger le contraire au vu des efforts consentis pour soutenir le secteur automobile depuis un an.
"On se heurte à la divergence des intérêts entre l'Etat français, qui veut maximiser l'activité et donc l'emploi en France, et les intérêts des entreprises qui doivent maximiser leur profitabilité et rentabiliser leur outil productif", estime Alexander Law, chef économiste de l'institut d'études économiques Xerfi.
"A mon avis, ça va rester à l'état verbal car comment l'Etat peut-il empêcher Renault d'optimiser son outil de production ? Est-ce que Renault doit à l'Etat de maintenir toute sa production en France, quitte à dégrader fortement sa productivité ?", ajoute-t-il.
Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a donné le ton en déclarant mercredi que le "pacte automobile" signé en février 2009 à l'Elysée, qui incluait notamment 6,5 milliards d'euros de prêts publics au secteur, "a sans doute permis de sauver l'industrie automobile française".
"Le gouvernement ne comprendrait pas une mesure qui consisterait à délocaliser la production d'un véhicule aussi emblématique pour les Français que la Clio", a-t-il souligné.
"Il est tout à fait normal que le représentant d'un des principaux actionnaires de Renault rencontre son président pour lui faire part de ses orientations, de ses choix et de son point de vue sur la question", a-t-il ajouté à propos de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Carlos Ghosn.
PAS DE RETOUR EN ARRIÈRE
Dès sa campagne présidentielle, fin 2006, Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention de lutter contre la désindustrialisation de la France, qu'il qualifiait de "gâchis".
L'automobile, une des premières victimes de la crise à l'automne 2008, lui a donné l'occasion de passer aux actes, le chef de l'Etat déclarant qu'il ne laisserait jamais tomber un secteur qui pèse 10% de l'emploi et 15% de la recherche & développement industriels en France.
Les prêts se sont accompagnés d'autres mesures comme l'allongement et une meilleure rémunération du chômage partiel, une aide aux sous-traitants et surtout les primes à la casse, qui ont dopé les ventes de véhicules en 2009.
S'y est ajoutée la suppression de la taxe professionnelle sur les investissements, une mesure favorable à l'ensemble de l'industrie mais réclamée de façon plus pressante par les constructeurs lors des états généraux de l'automobile de 2008.
"Pour chaque Clio fabriquée à Flins nous payons une taxe professionnelle de 182 euros. Si la voiture était produite en Espagne, la taxe serait de 10 euros, et il n'y aurait pas de taxe si elle était conçue en Turquie", déclarait alors Carlos Ghosn.
Ces aides publiques ont été assorties de contreparties en matière d'emploi et de pérennité des usines françaises, le président de la République souhaitant "qu'on arrête les délocalisations et que si possible on relocalise" dans l'industrie automobile.
"Nous ne mettons pas tant d'argent pour soutenir nos constructeurs automobiles pour que la totalité des usines automobiles s'en aille ailleurs", a-t-il dit mercredi lors de ses voeux aux parlementaires.
Alexander Law estime que, malgré ces déclarations, "on ne peut pas revenir en arrière sur une évolution historique de la production automobile" vers les pays à faible coût de main d'oeuvre pour les petits modèles.
"Il y aura une réunion où Nicolas Sarkozy va expliquer à Ghosn qu'il serait de bon ton que Renault s'engage à garder le maximum d'emplois en France. Ghosn va dire 'oui' mais on va quand même produire la Clio en Turquie s'il s'engage à un niveau de production satisfaisant en France", prédit l'économiste.
Nicolas Sarkozy a d'ailleurs expliqué qu'il n'entendait pas empêcher le constructeur de se déployer dans le monde.
"Tout est une question d'équilibre. Il serait absurde d'empêcher un constructeur mondial d'aller créer des usines à l'extérieur, ça va de soi", a-t-il ajouté mercredi.
Pour Alexander Law, "la question de la Clio en soi est un faux débat".
"Ce qu'il faut c'est que l'usine de Flins reste ouverte. Renault s'est déjà engagé à garder ouvertes toutes ses usines en France. C'est déjà une marque de bonne volonté", souligne-t-il.
Avec la contribution d'Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse pour le Nouvelobs.com
06:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
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11 janvier 2010
Chinoiseries
La Chine devient le premier exportateur mondial
En publiant ses données économiques pour le mois de décembre, dimanche 10 janvier, la Chine est devenue le premier exportateur mondial, ravissant cette place largement symbolique à l'Allemagne.
Les exportations chinoises ont augmenté de 17,7 % au mois de décembre en glissement annuel, selon les chiffres des douanes cités par la télévision d'Etat, pour s'établir à à 130,7 milliards de dollars. Dans l'ensemble de l'année 2009, la Chine a exporté pour plus de 1 200 milliards de dollars. Excédentaire, la Chine a également enregistré un solde positif de 195 milliards de dollars sur l'année.
"Nous pouvons dire que les exportations chinoises ont rebondi après avoir chuté à un niveau historiquement bas", a constaté l'économiste chinois Huang Guohua, cité par la télévision d'Etat. Les Occidentaux, Etats-Unis en tête, reprochent à Pékin de s'appuyer sur le cours artificiel du yuan et de subventionner illégalement certains secteurs pour gonfler leurs exportations.
La prise de pouvoir de la Chine dans le classement des exportateurs était cependant largement attendue par les observateurs. La semaine dernière, la chambre de commerce allemande s'était résignée à perdre sa place, notant toutefois que la Chine, qui exporte principalement des chaussures, des jouets, des meubles et autres produits à faible valeur technologique, utilisait des machines à forte valeur technologique, exportées, elles, par l'Allemagne.
LEMONDE.FR avec AFP, AP | 10.01.10
06:00 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
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