Petit-Yves. C'est ainsi qu'on l'appelait, dans la Résistance. Âgé de 15 ans au début de la guerre, son premier acte de résistant sera le sabotage d'un engin allemand... « C'était le 22 mai 1940, à 12 h 30. La guerre avait commencé une heure avant dans notre petit village d'Inghem, près de Therouanne. C'était le jour même de l'invasion, les Allemands venaient tout juste d'arriver. Pendant la pause déjeuner, j'ai mis en panne une chenillette allemande. » Cinq ans plus tard, il est en Allemagne, engagé dans l'armée, lorsqu'il apprend, le 8 mai, que la guerre est terminée.
De 40 à 44 : engagé
Entre ces deux moments, premier acte spontané d'un jeune adolescent à l'âme de résistant, premières évocations de la guerre tout juste achevée, Yves en aura fait passer, des combattants, prisonniers, ou aviateurs - 126 au total, entre 40 et 44 -, réalisé, des faux papiers, fait circuler, des courriers, d'un réseau de résistance à l'autre... Vu tomber, aussi, des copains. Celui qui l'a recruté, alors qu'il n'avait que 16 ans, pour s'engager dans les Forces françaises britanniques. Cet ami, chef local, fusillé. Ces autres copains arrêtés à Béthune et envoyés en camp de concentration d'où ils ne sont jamais revenus... Lui-même a été arrêté à deux reprises. « La première fois, j'avais la sacoche pleine de tracts. Un gendarme que je connaissais m'a fait sortir. La seconde fois, c'était plus grave : j'ai été pris en train de relever un plan sur des chantiers de travaux allemands. Là encore, j'ai eu la chance de m'en sortir... » Mais de fête pour la fin de guerre, il n'en connaîtra pas... Jamais un bal. Entre la Libération en septembre 44 et la fin de la guerre, il poursuivra la lutte, envoyé pour déminer la région de Calais, puis sur la bataille d'Alsace. « Si, c'est vrai, dans les patelins où on passait, on nous embrassait. » Et dès 1945, pour Yves Steenkeste, c'est un autre conflit qui commence. Le sous-officier fera l'Indochine. Revenu en 48, il sera réserviste au cours des 15 années qui suivront. Puis, il n'aura de cesse de témoigner. « C'est important, souligne-t-il. Surtout auprès des jeunes. Je suis allé à la rencontre de beaucoup de collégiens, pour leur raconter. Ils posent beaucoup de questions. » L'ancien président des anciens combattants de Lens célèbre toujours avec la même émotion ce 8 mai. Ses camarades morts en luttant, il ne les oubliera jamais. •
AGNÈS BOURAHLA-FARINE





Des images qui circulent sur le Net montrent des Guinéennes déshabillées et humiliées en pleine rue, lors de la répression de la manifestation organisée lundi par l'opposition au stade de Conakry. L'un de nos contacts affirme avoir assisté à la scène qui figure sur cette photo.
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Intarissable, Yves Steenkeste, lorsqu'il raconte la guerre... Cette Seconde Guerre mondiale, celle qui l'a fait passeur dès l'âge de 15 ans, qui l'a vu s'engager dans les Forces françaises britanniques, effectuer sabotages sur sabotages ou porter les courriers entre les réseaux de Lille et d'Aire-sur-la-Lys. L'ancien résistant au regard pétillant se souvient de son 8 mai 1945. Un jour où il n'a pas fait la fête : il était soldat en Allemagne. L'ancien président des anciens combattants de Lens livre l'histoire de sa guerre.