05 juin 2010
Comme on fait son lit...
Edito écrit au vitriol que celui publié par la Dépêche aujourd'hui...
Hortefeux piégé
Publié le 05/06/2010 08:13 | LaDepeche.fr
éditorial
Voilà Brice Hortefeux dans de sales draps. Une blague de comptoir facile sur le ton débonnaire de la connivence avec un militant, un micro qui traîne... et le ministre de l'Intérieur se trouve condamné à une amende pour «injure raciale». A l'heure d'Internet et des caméras tous azimuts, les dérapages ne pardonnent pas. Hortefeux en fait la cruelle expérience. Bien sûr, il fait appel du jugement. Mais le mal n'est-il pas déjà fait ? C'est la première fois qu'un ministre de la Ve République est condamné pour un tel délit. Hortefeux n'est pas un raciste, mais comme le constate Ségolène Royal il n'est «vraiment pas glorieux pour un ministre de l'Intérieur chargé de défendre la loi d'être ainsi condamné ». Dans cette affaire, Hortefeux est surtout coupable de franchouillardise rigolarde qui fait souvent le lit d'un racisme rampant. Au Front national, on dirait que Hortefeux a dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas. Mais précisément, Hortefeux n'est pas un Français comme les autres. En tant que ministre, il se doit d'observer une conduite exemplaire. Y compris dans l'ambiance festive et décontractée d'une réunion militante. Peu après l'incident, c'est le langage que lui avait tenu Nicolas Sarkozy, en gui se de leçon.
Ce jugement de justice rendu hier ne peut qu'affaiblir un ministre qui, depuis 2007, n'a guère fait ses preuves. Après un passage au ministère de l'Immigration -poste ingrat il faut le reconnaître-, il s'est montré totalement transparent au Travail et aux Affaires sociales où les syndicats ont pointé son manque d'allant et de connaissance des dossiers. Nommé à l'Intérieur- son rêve-, il ne parvient pas à s'imposer au point que Sarkozy n'a pas hésité à présider une réunion place Beauvau pour donner une nouvelle impulsion à la politique de sécurité. Il faut dire que Hortefeux n'obtient pas de résultats tangibles. La violence augmente, de même que les agressions contre les personnes. Et le ministre n'a que quelques mesures insuffisantes à brandir pour tenter d'inverser la tendance. Il semble toujours en retard d'un temps face à l'événement.
A une époque, dans les allées du pouvoir, on comptait Hortefeux parmi les premiers ministrables. Son parcours gouvernemental devait le conduire progressivement à Matignon. Tout au moins, c'est ce que certains prédisaient à l'UMP. Cette époque semble révolue. En somme, Hortefeux fait la démonstration qu'un conseiller du Prince, fut-il un ami de trente ans, n'a pas forcément l'étoffe d'un ministre.
11:11 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
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28 janvier 2010
Bon anniversaire !

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19 décembre 2009
EADS : vers un nouveau scandale ?
EADS: Une enquête tronquée ?
L’autorité des marchés financiers (AMF) a clos définitivement l’affaire du délit d’initié chez EADS. Noël Forgeard, l’ex co-président d’EADS, échappera donc à l’amende de 5,4 millions d’euros qui était requise. Pour Marc Chesney, professeur à l’institut bancaire suisse à l’université de Zurich, l’enquête de l’AMF est probablement tronquée.

Marc Chesney : En tant que scientifique ne possédant pas le dossier entre mes mains, une certaine mesure s’impose en ce qui concerne mon appréciation. Cependant, pour m’être penché sur l’affaire, à travers mes travaux, je ne peux qu’être perplexe. En effet, l’enquête de l’AMF me semble tronquée, en ce sens qu’elle a apparemment fait l’impasse sur une dimension essentielle de la question : l’usage des produits dérivés, et notamment des options de vente.
Est-ce le cas pour EADS ?
Oui, en toute probabilité. Notre méthodologie indique en effet des transactions particulièrement intenses sur le titre EADS sur les marchés EURONEXT, à Paris et EUREX à Francfort. L’analyse de 6 ans de données, permet de détecter des transactions suspectes pour 5 options de vente, tant à Paris qu’à Francfort. Celles-ci ont toutes été effectuées au printemps 2006, soit peu de temps avant l’annonce du 13 juin révélant publiquement les retards de livraison de l’A380, dont pâtira le cours de l’action EADS. Dans un tel jeu de bourse, acheter par exemple le 3 mai 2006 des options de vente de prix d’exercice 30 euros et de maturité le 16 juin à un prix de 1,54 euros l’unité, lorsque le cours d’EADS est de 29,76 euros et les exercer ou les revendre le 14 juin, quand le cours de l’action s’est effondré à 18,79 euros et que la valeur de l’option est passée à 11,27 euros, peut s’avérer très rémunérateur.
En effet, pour le détenteur d'informations privilégiées, opérer sur les marchés via des options sur un titre X est plus avantageux que de directement acheter ou vendre ces titres. Il bénéficie à la fois d'incitatifs économiques (coût de transaction réduit, capital initial faible, importante capacité de levier financier) et d'incitatifs stratégiques (discrétion offerte par le marché des options). Il est dès lors raisonnable de penser que des acteurs de marché bénéficiant d'informations privilégiées concernant une société puissent préférer traiter des options plutôt que des titres de la compagnie. C’est bien l’objet de notre étude. Sur le cas EADS, nous estimons à 25,6 millions d’euros sur la place de Paris et à 10,7 sur celle de Francfort, les gains nets réalisés lors de ces transactions suspectes. L’intérêt des options ? Pour obtenir ces 36 millions d’euros, les opérateurs, n’ont eu a misé qu’environ 9 millions. Soit des rendements proches de 400% en quelques dizaines de jours….
Mais cette dimension n’est pas dans le dossier d’enquête, pourquoi ?
L’AMF, comme les autres gendarmes de marchés prétend regarder de près ces marchés dérivés. Or, rien de tangible ne permet de l’affirmer. C’est dommage, car nous serions prêt à collaborer et à présenter notre méthodologie. Il ne s’agit ni plus ni moins que de mettre en place un système automatique d’alerte. Une fois déclenchée, l’AMF, qui peut avoir accès à l’identité de ceux qui souscrivent massivement et soudainement à ces produits, serait en mesure de dire si oui ou non, il s’agit d’un délit d’initié. Mais EADS n’est qu’un cas parmi d’autres. En n’investiguant pas sur les marchés dérivés, il est fort probable qu’un nombre important d’affaire de délit d’initiés échappe aux autorités de marchés.
22:26 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
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11 novembre 2009
Le chiffre du jour
5,12 Samedi vers 22 h 20, les policiers ont arrêté un automobiliste qui roulait en sens interdit rue des Corsaires à Granville. Au volant de son Audi, ils ont découvert l'homme à demi-conscient et empestant l'alcool. L'automobiliste était incapable de soumettre à un simple contrôle d'alcoolémie. Les policiers l'ont conduit à l'hôpital où la prise de sang a révélé un taux de 5,12 g d'alcool par litre de sang. « Un taux qui peut entraîner la mort, souligne le commissaire Barrière, commandant de la circonscription de police de Granville. Une personne morte à son domicile, il y a environ un an approchait ce taux. Là, on peut considérer que c'est un record. » L'état de ce Manchois, âgé de 33 ans, a été jugé suffisamment sérieux pour qu'il reste hospitalisé jusqu'à hier. Entendu au commissariat, il se souvenait avoir bu, mais pas de son interpellation. Les policiers lui ont expliqué que son permis lui avait été retiré. Il sera convoqué le 22 décembre devant le tribunal correctionnel d'Avranches pour conduite sous l'empire d'un état alcoolique, circulation en sens interdit, mise en danger d'autrui. (www.ouest-france.fr)
14:04 Publié dans Le chiffre du jour | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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26 juillet 2009
Désolation
Bon. Voilà. Je viens de voir les dernières images de l'incendie qui ravage la Corse.
Je suis effarée.
Les habitants du petit village d'Aullène lutte desespérément pour tenter de sauver leurs maisons, leurs biens mais aussi un cadre de vie exceptionnel. 3 500 hectares de forêt ont déjà été ravagés.
Selon l'agence AFP, quatre départs de feu auraient été enregistrés ces dernières heures. Qui sont les pyromanes ? Comment peut-on commettre de tels actes ?
J'ai beau réfléchir ; je ne comprends pas.
Avec ces incendies, c'est notre patrimoine commun qui part en fumée.
Mais c'est aussi tout un éco-système que l'on détruit.
Combien d'années pour réparer ? Quels dégâts irrémédiables sur notre environnement ?
Je tire mon chapeau à tous les soldats du feu qui luttent inlassablement contre ces incendies. Je salue également le courage des victimes de ces agissements criminels et qui, elles, devront repartir à zéro . Sans oublier le spectacle de désolation qui s'offrira à leur vue désormais chaque jour.

14:24 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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15 juillet 2009
Accusée, levez-vous ! L'affaire Marie Besnard (1)
5 Octobre 1947. Faubourg Porte de Mirebeau à Loudun. Un long cri retentit dans la nuit. Léon Besnard vient de mourir.
L'affaire Marie Besnard commence. Elle durera près de cinquante ans.
Marie Besnard n'est pas une belle femme. Son physique ingrat lui vaudra, selon Marcel Haedrich, journaliste à Marie Claire, d'avoir été l'objet de tous les malheurs. "Des malheurs qui se sont abattus sur elle et qui peuvent, demain, écraser n'importe qui".
Née le 15 Août 1896 à St Pierre de Maillé, dans la Vienne, Marie Davaillaud restera fille unique. Pensionnaire d'abord à St Angle sur Anglin, elle retourne ensuite au foyer paternel et termine sa scolarité à l'école libre de son village natal.
En 1914, Marie s'éprend de son cousin germain, Auguste Antigny. Malade et désargenté, ses parents refuse l'union. Mais Marie s'entête et le mariage sera finalement célébré le 12 Avril 1920. La jeune mariée a alors 24 ans ; le marié 22 mais en paraît dix de plus en raison de sa maladie avancée. Le 11 Juillet 1927, la tuberculose emporte Auguste. Marie hérite de la somme de 7240 francs. Son chagrin est immense.
Les années passent . La petite ville de Loudin n'est pas tendre avec Marie que l'on épie derrière les fenêtres. Car Marie vient de rencontrer Léon Besnard, un "vieux séducteur" comme l'on dit à Loudun. Léon travaille chez son père, bourrelier, mais n'a pas de salaire fixe. Les relations entre les deux hommes sont mauvaises. Marcelin Besnard n'aime pas Marie. Léon l'épousera pourtant le 12 Août 1928. Marie Antigny devient Marie Besnard.
Le 22 Août 1938, Marie Labrèche, soeur de la grand-mère de Léon Besnard, meurt à l'âge de 86 ans. Elle laisse un héritage de 60 000 francs, une somme considérable pour l'époque.
Le 14 Mai 1940, le père de Marie, Pierre Davaillaud, décède lui aussi. A 40 ans, Marie hérite en indivision avec sa mère de la ferme et de ses 20 hectares de terres aux Liboureaux. Marie recueille sa mère qu'elle accompagne chaque matin à l'église St Pierre de Loudun.
Le 2 Septembre 1940, ce sont les obsèques de Louise Labrèche, la grand-mère de Léon, morte à 92 ans. Deux mois plus tard, Novembre 1940, c'est le père de Léon (Marcelin Besnard) qui décède à l'âge de 58 ans.
Les commérages commencent à Loudun. Les Besnard deviennent "les meilleurs clients" des Pompes funèbres locales...
Le 16 janvier 1941, le docteur Delaroche constate le décès de la mère de Léon Besnard, consécutif à une "congestion pulmonaire double". Furieuse, la soeur de Léon, Lucie, refuse toute rencontre avec son frère. Elle jure que "pas une cuiller, pas une chaise n'iront à la Marie !". Deux mois plus tard, le 27 Mars 1941, Lucie se suicide par pendaison.
Loudun murmure. Loudun fantasme sur l'existence d'un coffre-fort que Marcelin Besnard aurait confié à sa fille avant de mourir. La rumeur est en marche.
Le 27 Février 1941, Léon et Marie Besnard permettent à Blanche Rivet, une amie de Marie, de s'installer dans une petite bicoque qu'ils viennent de lui acheter. Las ! Le 27 Décembre 1941 -neuf mois plus tard, jour pour jour- Blanche s'éteind d'urémie, ayant fait Marie Besnard sa légataire universelle par testament dressé par devant Me Demeule, Notaire à Loudun.
S'ensuit un répit de trois années au cours duquel les Besnard recueillent Pauline et Virginie Lalleron, deux vieilles cousines désargentées. Les deux vielles femmes s'éteindront les 1er et 9 Juillet 1945. Huit jours séparent les deux décès !
Louise Pintou fait alors irruption dans la famille Besnard. La femme travaille aux Postes. Elle est devenue la "bonne amie" de Léon Besnard et, pour mieux cacher cette relation, s'est efforcée de se concilier les bonnes grâces de Marie qui lui a cédé gracieusement la maison de la soeur de Léon dont ils ont héritée. Chaque soir, Louise Pintou rend une petite visite aux Besnard.
Le 26 octobre 1947, Léon et Marie Besnard, auxquels se joint un ami, M. Barodon, dînent à la ferme des Liboureaux, la propriété de Marie. C'est elle qui prépare le repas. Ni elle ni Barodon ne s'en trouveront incommodés. Léon décide de rentrer à Loudun. Arrivé à demeure, Léon est incommodé.
- Qu'as-tu ? lui demande Marie
- Je me sens fatigué.
- Tu as dû trop manger ! plaisante Marie qui ajoute : c'est moi qui ai préparé le dîner
- C'était bon...
Mais la pâleur de son mari l'inquiète
- Tu ne veux pas t'allonger ?
Léon accèpte. Marie lui prépare son lit. C'est alors qu'on frappe à la porte. Marie va ouvrir. C'est Louise Pintou venue leur rendre visite.
- Ah, c'est vous madame Pintou !
- Vous avez l'air embarrassée...
- Léon a un malaise !
Louise se rend immédiatement au chevet de Léon
- Il faut appeler un médecin !
Tandis que Marie se rend chez le médecin, Louise reste auprès de Léon. Le docteur Gallois, médecin de famille, arrive aussitôt, examine Léon dont l'état s'aggrave. Le docteur Gallois diagnostique une grave crise d'urémie. Il demande l'assistance du docteur Chauvenet qui arrive quelques minutes plus tard. Malgré la présence des deux médecins, Léon poussera son dernier soupir dans la nuit.
A Loudun, c'est la consternation. D'aucuns soupçonnent Marie Besnard de sorcellerie.
Le 17 Octobre 1948, le château de Montpensier, propriété d'Auguste Massip est la proie des flammes. Auguste Massip dépose plainte et accuse Marie Besnard de pouvoirs maléfiques et d'avoir fait brûler son château à une centaine de kilomètres de là, alors qu'elle n'avait pas quitté Loudun.
Une enquête policière est ouverte, menée par le commissaire Nocquet et l'inspecteur Normand, son adjoint. Les deux hommes concluent rapidement à l'imprudence des enfants du fermier qui jouaient, ce soir-là, avec une bougie et... des allumettes.
Marie Besnard vend alors la maison qu'occupe Madame Pintou à Célestin Landré, un domestique. Le nouveau propriétaire exige le départ de l'occupante des lieux. En vain.
Au début de l'année 1949 sévit une terrible épidémie de grippe. Les malades sont nombreux à décéder. Parmi eux, Marie-Louise Antigny veuve Davaillaud, la mère de Marie Besnard, qui s'éteind le 16 Janvier 1949.
Fin janvier, la maison qu'habite Madame Pintou est cambriolée. Fait étrange, rien n'est dérobé. Une porte ouverte... un édredon étalé au milieu du jardin... une bouteille de Butagaz jetée par la fenêtre... Le rapport de gendarmerie est formel : cela ressemble davantage à une mise en scène qu'à un cambriolage. Célestin Landré révèle qu'il a mandaté un huissier pour obtenir le départ de madame Pintou. Mais les voisins se font accusateurs : Marie Besnard est responsable du cambriolage !
C'est alors qu'étrangement, l'inspecteur Normand se rend à l'autre bout de la France, dans les Alpes, où madame Pintou est en villégiature, pour l'y interroger. L'inspecteur Normand a eu vent des accusations proférées à l'encontre de Marie Besnard. Il veut rencontrer celle qui fut la maîtresse de son mari.
- Votre maison a été cambriolée, dit l'inspecteur. Mais ne vous inquiétez pas, rien n'a été pris ! Je crois même que le vol était feint !
Louise Pintou s'attaque aussitôt à Marie Besnard.
- Elle a fait exprès de vendre la maison, pour m'en déloger !
- Je croyais que vous étiez amies ?
- Au temps de Léon, oui. Mais depuis sa mort, elle fait tout pour que je parte !
- Vous avez assisté à la mort de Léon Besnard...
- Oui ! Léon est mort empoisonné !
- C'est ce qui se dit... Mais ce n'est qu'une rumeur...
- Bien sûr que ce n'est pas une rumeur, puisque je peux témoigner ! Léon m'a dit que sa femme avait versé un produit dans sa soupe...
- Il vous a dit lequel ?
- Non, il a dit qu'il y avait du liquide dans son assiette...
- Ensuite ?
- Il s'est trouvé mal, j'ai vu son état empirer et je l'ai vu mourir !
- Et sa femme ? Savait-elle qu'il s'était confié à vous ?
- Non.
L'Inspecteur Normand sait que Louise n'aime pas Marie et qu'elle cherche à lui faire du mal. Mais il s'interroge. Et si Louise Pintou disait la vérité ? Il décide alors de rassembler des preuves. Arrêter Marie, certes, mais preuves à l'appui !
Le juge Roger est désigné pour instruire l'affaire. Il commence par ordonner une enquête sur la mort de Léon Besnard. Le 11 Mai 1949, le corps est exhumé au cimetière de Loudun. Une autopsie est pratiquée. On remplit dix bocaux d'organes que l'on expédie à un expert agréé, le docteur Béroud de Marseille. Ce dernier dépose son rapport constatant la présence de 15 mg d'arsenic pour un kilogramme de matières. Pour les policiers, pas de doute : Léon Besnard est mort empoisonné !
Le 21 Juillet, à 7 heures, on frappe chez Marie Besnard : le commissaire Nocquet procède à l'arrestation de Marie Besnard.
L'un des plus retantissants procès vient de débuter... (à suivre...)
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27 mai 2009
Par ici la sortie !
Jean Tiberi, ex-maire de Paris, jugé inéligible pour trois ans
Condamné pour complicité de fraude électorale, le député-maire UMP du Ve arrondissement de Paris, Jean Tiberi, a été déclaré inéligible pour trois ans.
Après douze ans de procédure, le tribunal correctionnel de Paris a prononcé mercredi en outre une peine de dix mois de prison avec sursis et de 10.000 euros d'amende contre l'ancien homme de confiance de Jacques Chirac, qui fut maire de la capitale après lui, entre 1995 et 2001.
Ni élue ni fonctionnaire, son épouse Xavière, 72 ans, est frappée de neuf mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende mais elle n'est pas déclarée inéligible.
Jean Tiberi a "abusé de son autorité et son pouvoir pour imposer une inobservation volontaire de la loi électorale", lors des élections municipales de 1995 et des législatives de 1997, déclare le tribunal dans son jugement.
Le couple est reconnu coupable de l'inscription frauduleuse sur les listes du Ve arrondissement de la capitale de milliers de "faux électeurs" n'y résidant pas et ayant souvent reçu en échange places en crèches et logements sociaux.
Jean Tiberi, 74 ans, va faire appel et conserve donc pour l'instant ses mandats. Il a quitté le tribunal en refusant de répondre aux journalistes, protégé par des gendarmes.
"Le tribunal a été dans l'incapacité de définir des faits précis pouvant être reprochés à Jean Tiberi", a dit son avocat, Me Thierry Herzog.
Huit autres personnes, fonctionnaires ou collaborateurs de Jean Tiberi à la mairie du Ve, ont été condamnées à quatre peines d'amendes de 1.000 euros, dont trois avec sursis et quatre peines de trois à neuf mois de prison avec sursis assorties dans deux cas de sanctions d'inéligibilité.
Dans quatre cas, le tribunal ordonne que la sanction ne figure pas au casier judiciaire des prévenus.
Le jugement est inférieur aux réquisitions du parquet, qui demandait cinq ans d'inéligibilité et de privation du droit de vote pour chacun des époux Tiberi et des peines plus sévères que celles finalement prononcées pour les autres prévenus.
LE PS VEUT LEVER LA SUSPICION
La socialiste Lyne Cohen-Solal, qui a déclenché la procédure par une plainte en 1997 et a été battue depuis dans de nombreux scrutins du Ve, a salué un jugement qui devrait aboutir, selon elle, à un assainissement de la vie politique.
"Il faut que le Ve retrouve une vie démocratique correcte et convenable. Il serait bon que toute la suspicion sur la fraude soit levée", a-t-elle déclaré aux journalistes, sans toutefois dire clairement si elle souhaitait un nouveau scrutin.
Réélu de justesse maire du Ve en 2008, Jean Tiberi peut espérer, avec le délai d'appel puis un éventuel pourvoi en cassation, conserver ses mandats plusieurs années.
Cette affaire ouverte en 1997 avait un temps menacé le plus haut niveau du pouvoir lorsque Jacques Chirac, mentor de Jean Tiberi et maire de Paris de 1977 à 1995, était à l'Elysée.
Alors que la présidentielle de 2002 approchait, l'affaire du Ve était entrée en sommeil au palais de justice. Sa durée totale a finalement approché les records, avec douze ans de procédure et un parquet qui n'a pas pris position à l'instruction.
Il s'agit de la deuxième condamnation pour fraude électorale sanctionnant l'ancienne équipe municipale Chirac, après la condamnation de dix personnes pour des fraudes similaires dans le IIIe arrondissement, prononcées en 2006, après - record absolu - 17 ans de procédure.
Même si les juges d'instruction n'ont retenu que 196 faux électeurs nominalement identifiés, la fraude était de plus grande ampleur dans le Ve. Les radiations administratives de 1997 à 2002 ont vu le corps électoral passer de 41.437 à 34.978 inscrits, soit une différence de 6.459 électeurs.
Les plaignants socialistes et des écologistes estiment que les affaires du Ve et du IIIe ne sont que des épisodes d'une fraude orchestrée dans toute la capitale à partir de 1989 et qui se serait prolongée jusqu'au début des années 2000.
Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser pour www.lepoint.fr
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